04th avr2012

Une soirée en compagnie de Jean-Baptiste Poquelin

by admin

Vendredi soir, rendez-vous pris au théâtre de l’Onyx où il se joue une pièce bien connue « Le Tartuffe », de Molière. Une soirée que je pensais sans grande surprise, avec ses costumes et sa musique d’époque mais c’était méconnaître la compagnie Banquet d’Avril.

L’Onyx, grand cube noir d’extérieur ne laisse rien deviner de ce qu’il s’y passe à l’intérieur. D’inspiration moderne, la couleur noire et l’acier sont omniprésents jusque dans la salle. Malgré tout, celle-ci, haute de plafond, sauvegarde le côté classique du théâtre avec la présence de fauteuils rouges placés en auditorium. L’Onyx, c’est la savante rencontre du contemporain et du classique.

20h30, l’intensité des lumières s’atténue pour laisser place à l’obscurité. Une mélodie baroque envahit soudain nos oreilles. La pièce commence. Nous découvrons alors un décor très épuré, en cohérence complète avec le lieu. Un corridor, en voiles noirs, traverse l’espace scénique. Ce corridor va s’avérer être un lieu de passage mais également un espace où les personnages vont pouvoir espionner, se cacher dans les recoins. Les personnages, quant à eux, sont habillés avec des vêtements de notre époque. Costumes pour les hommes et robes pour les femmes de la famille. Par contre, quelle fut ma surprise de découvrir que la compagnie a repris le texte original de la pièce, fait d’alexandrins.

En effet, le pari est osé de reprendre cette pièce de Molière jouée un grand nombre de fois, avec des interprétations et une mise en scène toutes plus différentes les unes des autres. Polémique, elle a fait l’objet de plusieurs versions.

La compagnie Banquet d’Avril qui crée et joue habituellement des pièces très contemporaines, a fait une « entorse » à ses habitudes pour reprendre cette pièce, un classique au théâtre mais encore toutefois d’actualité par les thèmes qu’elle aborde. Elle a choisi de faire se croiser le passé et le présent. Ainsi, on assiste à la rencontre entre le 17ème et le 21ème siècle où pour ma part, l’alchimie ne se produit pas. Malgré une reconnaissance du travail fourni sur l’interprétation des alexandrins et sur la mise en scène, le texte reste tout de même difficile à digérer pour des amateurs de théâtre contemporain.

Toutefois, avis aux amateurs de cet illustre dramaturge, aux curieux, aux personnes qui ont envie de se divertir, aux intéressés des questions aurour du fanatisme religieux et du mariage forcé, soirée garantie. BB